Exposition rétrospective

MIKAEL

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Mikael

du 11 au 26 Octobre 2014

27, rue des Minimes à Roanne

L'Association culturelle Au temps de Louis CARADOT  a choisi de présenter les oeuvres de MIKAEL, peintre Roannais disparu en 2004.

Son Président Jean Pierre Berland décrit l'artiste comme "un des peintres régionaux  les plus forts et des plus étranges de la seconde moitié du siècle dernier" et précise que "cette rétrospective, organisée conjointement  avec la famille de Mikaël, est présentée dans l’ atelier et dans l' appartement du peintre, tels qu’ils étaient lors de sa disparition. La presse à récemment annoncé l’évènement en soulignant le charme étrange de ces lieux".

Communiqué :

Rétrospective MIKAEL

 Celui qui en 1965, fut aussi appelé « le Petit Prince », pour avoir présenté une exposition éponyme au Foyer du Théâtre, sur le thème de Saint-Exupéry, avait ainsi pénétré dans un univers mystique qui fut toujours le sien jusqu’à sa disparition en 2004.

 Né à Thizy en 1942, de son vrai nom Michel Mignard, il eut le temps jusqu’en 1957, date à laquelle sa famille vint s’installer à Roanne, de fréquenter le Peintre Maurice Montet, le Maître de Thizy, qui avait repéré ses dons exceptionnels pour le dessin. Le maître lui inculqua des notions techniques mais surtout développa sa sensibilité artistique voyant bien qu’il avait en face de lui un enfant surdoué. Il ne fréquentera pas l’Ecole des Beaux Arts, mais s’intéressa à l’architecture et se forgea par lui-même et beaucoup de lecture, des connaissances certaines dans cette matière; il sera à notre avis influencé par cette tendance, dans la construction même de ses toiles et dans l’aménagement des espaces.

 Dés lors et roannais devenu, il va toujours allier ses dons exceptionnels à une réflexion permanente et profonde sur les mystères de la vie et de la mort. C’est un poète en peinture, mais un poète rigoureux peignant en alexandrins. En ressortiront des oeuvres exceptionnelles, dessins, aquarelles, tableaux, d’une exécution minutieuse, aux couleurs très spécifiques, qui presque toutes portent message ou interrogation.

Sa première exposition en 1965 sur le « Petit Prince » en était la première manifestation. La deuxième en 1967, abordant le thème du « Grand Meaulnes », traduisait en fait les émois de l’adolescent qu’il était encore resté.

 Il abordera en 1969, le thème «  les nus et les fleurs » Utilisant pour cela une technique bien particulière la peinture ignée, à laquelle il restera longtemps fidèle, qui, selon lui, permettait de mieux traduire en ligne de feu la carnation féminine dans la poésie des roses.

Découverte d’un talent précoce doublé d’un porteur de message, enfin d’un peintre qui parlait autrement, qui touchait à l’âme, à la sensibilité, qui provoquait l’émoi. Et qui en plus, en ces années de révolution culturelle, donnait par sa jeunesse, et comme Zuliani, un nouvel élan à un Art local qui en avait bien besoin.

Le public roannais ne s’y trompe pas, l’affluence aux expositions est très importante, et les personnalités se bousculent aux vernissages. Les comptes-rendus de presse élogieux voire dithyrambiques le confirment : Mikaël est la nouvelle vedette des manifestations picturales.

Au fil des ans, sa peinture évolue, de plus en plus portée vers l’abstraction. Avec bien des réminiscences géométriques, rappel de son attraction pour l’architecture. Ses aquarelles pourtant restent figuratives, mais elles sont autres. Tout en douceur, un peu à la manière de Cézanne, peintes sur le motif, elles nous restituent la vision qu’il avait des paysages roannais. Il est aussi attiré par la bande dessinée, les dessins humoristiques et par le cinéma. Et toujours bien d’autres projets audacieux.

 Il expose régulièrement à Roanne au Foyer du théâtre, au Pavillon du Tourisme, Salle Albert Sérol, et en permanence présentera parfois ses œuvres en galeries parisiennes.

 Sa notoriété établie, Mikael, va, selon ses dires, vivre sa vie comme il veut. Ce ne sera pas facile à suivre pour ses proches. Indépendant, plein d’humour, aux idées avancées, porté vers l’ésotérisme, croyant à la réalité de l’âme, parfois critique, dénonciateur des inepties, provocateur, mais infiniment proche des gens qui souffrent, il s’est forgé une personnalité très forte d’homme indépendant. Dans les années 1980 jusqu’à son décès, il traverse une période très tourmentée, faite d’interrogations permanentes et de désillusions. Rongeant son frein, il continue à peindre mais fait peu d’expositions. C’est à cette période que s’étant découvert des dons de magnétisme, il va s’ouvrir aux autres et soulager bien des souffrances.

 Toute sa vie, il a créé autour de lui un cercle d’amis fidèles qui parlent toujours de lui avec respect et admiration. Ce sont d’ ailleurs eux qui, depuis son décès, demandaient à son frère Jean et à sa sœur Danielle d’ organiser une rétrospective

Les « Amis de Saint Alban », lors de leur Salon des Ys 2009 exposèrent quelques œuvres représentatives du talent de Mikael dans le cadre des rétrospectives qu’ils organisaient chaque année. Succès certain, mais bien insuffisant pour montrer toute l’œuvre de cet artiste que l’on peut qualifier de majeur. Il fallait faire plus grand.

 Ce sera chose faite cette année, notre Association, dans le cadre défini par ses statuts, va lui rendre l’hommage qu’il mérite.  Dans le cadre idéal de son « atelier appartement » , rue des Minimes, en plein cœur du centre historique de Roanne, sera présenté l’essentiel de son œuvre, dans une rétrospective, organisée en partenariat avec son frère Jean et sa sœur Danielle.

 Mort trop jeune, il laisse une œuvre importante dont la qualité et l’éclectisme méritent qu’elle soit pérennisée, espérant que cette exposition y contribuera, tout en retraçant l’itinéraire d’un homme qui malgré ses tourments avait choisi de vivre autrement.

 

 Jean-Pierre Berland

 Président de l’association

« Au temps de Louis Caradot »

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A voir !

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